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"Sans les accords bilatéraux, le Groupe Bobst ne pourra plus rester fortement implanté en Romandie"

    
9 février, Union européenne, accords bilatéraux, main-d'œuvre étrangère mais également formation d'apprentis : Jean-Pascal Bobst, CEO du Groupe Bobst, évoque les défis à venir au vu de la nouvelle situation politique.
En tant que CEO de Bobst, pouvez-vous nous dire si la votation du 9 février a eu ou aura un impact sur votre entreprise? 
Jean-Pascal Bobst : Le Groupe Bobst est un leader mondial de la fourniture d'équipements de services pour l'impression, le découpage, le pliage, le collage et autres procédés liés à la fabrication d'emballages. Fin juin 2014, le groupe employait 4'855 personnes dans ses différents sites répartis sur tous les continents. Le chiffre d'affaires annuel s'élève à un peu plus de un milliard trois cent millions de francs.
La part du chiffre d'affaires réalisé en Suisse est très importante. Pour preuve, Bobst emploie en Suisse quelque 1'800 personnes, dont un peu plus de 200 apprentis, soit presque 40 % des effectifs totaux.
Bon an mal an, quelque 95 à 98 % du chiffre d'affaires réalisé par les entités suisses est exporté. 
Quelle est l'importance de vos affaires avec l'Union européenne? 
Nos activités en Europe restent très importantes, c'est le premier partenaire économique du groupe Bobst même après la crise de 2008. Du total des ventes de produits manufacturés en Suisse, le chiffre d'affaires réalisé dans l'Union européenne dépasse le 60 %  !
En quoi les accords bilatéraux sont importants pour votre société? 
Ils sont vitaux pour conserver notre compétitivité et une chance de défendre notre leadership européen et mondial dans notre domaine d'activité. Le Groupe Bobst a réussi, depuis des décennies, à se forger une réputation de leader et d'innovateur technologique que grâce aussi à des conditions-cadres favorables pour le travail, les échanges et la formation duale entre autre. 
En cas de résiliation des accords bilatéraux, quelles seraient les conséquences pour votre entreprise? 
Nos concurrents les plus importants et  les plus dangereux pour le développement de nos affaires se situent essentiellement en Europe, mais pas uniquement.  L'on comprend dès lors aisément que des accords clairs et des procédures flexibles avec les pays limitrophes sont de première importance pour la réalisation de nos volumes de ventes, de l'activité industrielle qui en découle et de l'occupation de la main-d'œuvre ici en Suisse. C'est tout un pan de l'économie et de notre industrie des machines qui est remis en question si les conditions-cadres se dégradent encore.
Sans les accords bilatéraux, le Groupe Bobst ne pourra plus rester fortement implanté en Romandie avec sa production et ses innovations; nous devrions très probablement prendre des décisions irréversibles et dramatiques pour l'industrie des machines en Suisse. Tout un système économique très performant est remis en question et sa disparition aura des effets collatéraux sans commune mesure pour notre région, notre pays, pour l'emploi et le futur de nos jeunes.
Quelles conséquences auraient la mise en place de contingents pour vous? 
Le développement et la réalisation des produits haut de gamme que nous proposons aux marchés, demandent parfois des qualifications de personnel difficiles à trouver sur le marché national du travail. Selon le mode de mise en place des contingents qui sera choisi, cela pourrait avoir un impact très négatif sur la recherche de ces spécialistes avec des répercussions possibles sur toute notre chaine de production en Suisse, quels que soient les métiers. Nous travaillons déjà avec un bon nombre de frontaliers et d'étrangers, ce qui a fait le succès de Bobst depuis des décennies ! 
Votre entreprise pourrait-elle se passer de main d'œuvre étrangère? 
Nous avons toujours assumé de gros efforts financiers pour la formation de la relève. Nous avons plus de 200 apprentis constamment en formation, ce qui représente plus de 10 % de notre personnel en Suisse. Cela n'empêche que pour préserver notre compétitivité, face à nos concurrents européens par exemple, nous avons absolument besoin de main-d'œuvre étrangère, il serait totalement utopique de croire que seule la main-d'œuvre Suisse pourrait répondre à nos besoins futurs, que ce soit dans l'innovation, dans les méthodes de production ou dans la création de nouvelles activités. Tout cela contribue à générer du savoir faire et de la valeur pour notre société, notre région et notre pays. 
Propos recueillis par Robin Eymann
(Pour LeJournal CVCI n° 54 - octobre 2014)
Contact

Mathieu Piguet

Sous-directeur, responsable des dossiers "Libre circulation" et "Emploi"