Une étude sur l’évolution de l’économie vaudoise depuis 1990 met en évidence une croissance soutenue, reposant sur des bases structurelles solides. La CVCI avertit toutefois: seul un renforcement des conditions-cadres permettra de faire face au durcissement de la concurrence internationale.
Le «miracle vaudois», cette aptitude de notre tissu économique à slalomer entre crises et défis, a été mis en évidence par la CVCI dans diverses études ces dernières années. Une publication de BAK Economics sur l’évolution de l’économie vaudoise depuis 1990, mandatée et présentée cette semaine par le Département de l’économie, confirme la robustesse de cette dernière. Elle met en exergue «une trajectoire de croissance soutenue, reposant sur des bases structurelles solides».
L'institut bâlois identifie «un modèle économique singulier, fondé sur l’articulation étroite entre sciences de la vie, numérique et industrie de précision». Ce phénomène favorise les transferts de connaissances entre secteurs et renforce la résilience de l’économie, un type de concentration qui «reste rare en Europe». Le niveau élevé d’innovation du Canton permet ainsi à ce dernier d'être à l’origine d’un brevet suisse sur quatre incluant une composante numérique, relèvent les auteurs.
Fragilité structurelle
Cette réussite scientifique masque cependant une fragilité structurelle face à laquelle la CVCI a réagi en adressant une lettre ouverte destinée aux Chambres fédérales. En à peine quelques mois, elle a récolté plus de mille signatures en faveur de conditions-cadres fortes pour les start-up, les scale-up et les PME de haute technologie. Si l’innovation est véritablement un de nos points forts tel que soulevé par cette étude, la CVCI demande qu’elle soit renforcée maintenant, avant qu'il ne soit trop tard.
Dans le cadre de la présentation de l'étude de BAK Economics, le Service de la promotion de l’économie et de l’innovation est revenu sur les faits marquants de l’année 2025, dont l’implantation d’un nombre record de 41 entreprises étrangères supplémentaires dans le canton. En provenance de 17 pays, elles devraient générer près de 500 emplois d’ici 5 ans. Pour l'institut bâlois, leur profil sectoriel - technologies de l’information, sciences de la vie et microtechnique - «est cohérent avec les domaines identifiés comme porteurs».
Un enjeu clé
Enfin, l’étude souligne un enjeu clé: le Canton doit encore renforcer la conversion de son potentiel scientifique en innovations concrètes pour l’ensemble du tissu économique, en particulier pour les PME. La CVCI salue cette constatation et encourage l’Etat à s’intéresser de plus près au moral des chefs d’entreprise qui composent son tissu économique. Dans le contexte actuel qui voit apparaître un durcissement de la concurrence internationale, la CVCI appelle au renforcement des conditions-cadres de notre économie, qu'elles soient de nature économiques, politiques, juridiques, géographiques et socioculturelles. Lorsqu’elles sont favorables, elles permettent la création d'entreprises qui, partant d’une invention ou d’un produit, peuvent devenir des références mondiales telles que, par exemple, Nestlé ou Logitech chez nous, même si cela date un peu…
Le canton de Vaud dispose des compétences et du savoir-faire nécessaires pour envisager l'émergence de telles pépites. Il a toutefois quelque peu tendance à s’en soucier un peu tard en proposant des fonds de soutien. Anticiper est une compétence forte de l’économie; aussi l’Etat devrait en prendre de la graine s’il souhaite toujours pouvoir parler de «miracle vaudois» ces prochaines décennies.