Certains éditorialistes en sont persuadés, il y aurait de très bonnes raisons économiques d'accepter l'initiative de l'UDC «Contre l'immigration massive», le 9 février prochain. La libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne a certes contribué au puissant élan conjoncturel qu'a connu notre pays au cours des dix dernières années, mais il faut envisager le pire, argumentent-ils. Une longue période déflationniste avec un marché du travail ouvert aurait un effet ciseau sur notre système social. Le pays s'appauvrirait sans pouvoir réagir, pieds et poings liés par ses accords passés avec Bruxelles.
Commençons par un premier constat, de fond : le retour aux contingents que nous propose l'initiative ne nous mettrait pas à l'abri du «risque maximal» qui devrait aux yeux de certains être la pierre angulaire de toute action politique. En cas de oui dans les urnes, et si l'initiative était respectée à la lettre, les permis de travail seraient accordés en fonction des besoins de l'économie… Et l'immigration serait donc aussi importante qu'actuellement. Si le pire se produisait, la présence massive de chômeurs européens serait par conséquent la même que si nous maintenions la libre circulation des personnes.
Qu'amènerait alors l'acceptation de cette initiative ? La reprise en main de notre politique migratoire, comme l'affirment les initiants ?
Il n'y a rien d'illogique à ce que socialistes, syndicats, droite modérée et milieux économiques se retrouvent unis à combattre cette attaque en règle contre la politique économique de la Suisse. Le partenariat social n'est pas un vain mot. Derrière cette institution qui a fait le succès de notre pays se dresse une valeur commune unanimement partagée : le maintien d'une Suisse prospère. Et la libre circulation des personnes y contribue. Un NON coule de source… pour des motifs économiques ! Claudine Amstein Directrice de la CVCI (Pour LeJournal CVCI n° 46 - janvier 2014)
- Si l'idée est d'asphyxier à petit feu les entreprises en ne leur accordant pas les permis de travail nécessaires lorsqu'elles ne trouvent pas en Suisse le personnel qu'elles recherchent, cette réappropriation a du sens. Mais cette logique de décroissance serait alors en contradiction avec l'initiative, qui demande la réintroduction de contingents qui tiennent compte des besoins de l'économie. Serait-elle alors au moins dans l'intérêt de notre pays ? Les entreprises se développeront à l'étranger. Les emplois se créeront à l'étranger. La prospérité nous échappera.
- Si l'idée est de vouloir limiter l'immigration lorsque la conjoncture se retournera méchamment, l'initiative fait fausse route également, car l'accord sur la libre circulation des personnes ne concerne déjà que les travailleurs. Ne peut venir s'installer en Suisse qu'un Européen qui dispose d'un contrat de travail ! Les contingents n'apportent rien dans ce cas-là non plus.
Il n'y a rien d'illogique à ce que socialistes, syndicats, droite modérée et milieux économiques se retrouvent unis à combattre cette attaque en règle contre la politique économique de la Suisse. Le partenariat social n'est pas un vain mot. Derrière cette institution qui a fait le succès de notre pays se dresse une valeur commune unanimement partagée : le maintien d'une Suisse prospère. Et la libre circulation des personnes y contribue. Un NON coule de source… pour des motifs économiques ! Claudine Amstein Directrice de la CVCI (Pour LeJournal CVCI n° 46 - janvier 2014)
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Le repli sur soi, une impasse hors de prix
Écrit par
Equipe CVCI
Publié le : 23 janvier 2014
Modifié le : 25 juin 2026