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Le salaire mérite un meilleur traitement

    

Les cotisations salariales pèsent sur le coût du travail, affaiblissent l’attractivité de notre économie et exacerbent les conflits de répartition entre les générations. Telles sont les conclusions d'une étude qui met en garde contre les prélèvements continus. 

C'est un secret de Polichinelle pour les chefs d'entreprise: la croissance sempiternelle des charges salariales, au gré des politiques publiques adoptées ces dernières années tant au niveau de la Confédération que de celui des cantons, plombe le coût du travail. Le tableau risque encore de se noircir avec la mise en application de la 13e rente AVS, les projets de congé parental, et j’en oublie forcément. 

Dans ce contexte, l'étude que vient de publier BSS Volkswirtschaftliche Beratung, en collaboration avec le professeur de l'UNIL Marius Brülhart, confirme tout le mal que l'on peut penser de la «cotisanite» dont souffrent les pouvoirs publics. Ce cabinet de conseil bâlois, mandaté par l'Union patronale suisse, démontre les effets économiques et sociaux négatifs considérables de l’augmentation des cotisations salariales. 

L'«exemple» vaudois 

Rien que dans le canton de Vaud, qui affiche les charges salariales les plus lourdes de Suisse romande, les entreprises ont vu les allocations familiales augmenter sensiblement en 2025. Les PC familles ont aussi été relevées par le Canton dès ce 1er janvier. Il s’en est aussi fallu de peu, durant les débats parlementaires sur le budget, pour qu’une augmentation supplémentaire n’intervienne encore dans les allocations familiales pour baisser les dépenses de l’Etat dans les subsides.  

Selon l’étude, cette croissance continue met clairement en péril la prospérité de la Suisse. Les coûts de la main-d’œuvre dans notre pays figurent déjà parmi les plus élevés du monde. La perception paritaire des cotisations touche à la fois les employeurs et les employés. Les premiers voient leur compétitivité érodée par ces ponctions alors que les seconds voient leur pouvoir d'achat baisser sans cesse. Toute nouvelle hausse du coût du travail mettrait en péril la compétitivité et par conséquent le niveau élevé des salaires et la croissance de notre économie. 

Foire d'empoigne aux Chambres 

Le cas de la 13e rente AVS, qui sera versée pour la première fois à la fin de cette année, illustre la problématique. Le Conseil fédéral propose de relever la TVA de 0,7 point de pourcentage pour financer les dépenses supplémentaires induites. Contrairement aux cotisations salariales, la TVA répartit la charge sur tous les consommateurs. Tout un chacun est ainsi également inclus dans le financement. La question fait toutefois l'objet d'une foire d'empoigne aux Chambres fédérales. Le Conseil des États et le Conseil national ne se sont pas encore mis d’accord sur une solution. Les débats pour éliminer les divergences se poursuivront ces prochains mois. 

Les résultats de l'étude bâloise sont clairs: des cotisations salariales plus élevées affaibliraient la Suisse, pèseraient sur la jeune génération et aggraveraient la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. L’Union patronale suisse, et elle a raison, demande que l’on renonce à la hausse de ces cotisations, en particulier dans le cadre des discussions actuelles sur l’AVS. Le coût du travail devient problématique pour les chefs d'entreprise. Plutôt que de les pénaliser toujours davantage, les pouvoirs publics seraient bien avisés d'adopter une plus grande discipline en matière de dépenses et de plancher sur des réformes structurelles. 

Written by:

Philippe Miauton

Directeur de la CVCI

Contact

Simon Baudraz

Responsable économique