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Une indexation arbitrairement montrée du doigt

    

«Mépris», «pingrerie»: lors de la deuxième lecture du budget 2023 de l’État de Vaud, en décembre dernier, la dureté des propos émanant des travées de la gauche a médusé plus d’un élu. La question de l’indexation des salaires dans la fonction publique a divisé le plénum comme rarement, et cela pour de mauvaises raisons.

De quoi parle-t-on? Le Conseil d’Etat a décidé de fixer cette indexation au coût de la vie à 1,4%, alors que le renchérissement s’est établi en Suisse à 2,8% l’an dernier. Nos voisins romands, a-t-on entendu dans une partie de l’hémicycle, se seraient montrés plus généreux: 1,8% de hausse à Neuchâtel, 2,44% à Genève, 2% en Valais et 2,74% du côté de Fribourg. Ce sont des faits, certes, mais la réalité est tout autre dans la mesure où l’augmentation décidée en terre vaudoise ne prend pas en compte les annuités. Pour rappel, à l’Etat de Vaud, le salaire annuel brut est augmenté au début de chaque année civile et après au moins six mois d’activité selon des montants correspondant à sa classification dans l'échelle des salaires. La hausse est donc parfaitement proportionnée par rapport aux autres cantons romands.

Un budget compliqué et fragile

Il convient ici de rappeler que les employés du secteur privé ne disposent pas d’annuités et qu’ils ne reçoivent pas forcément de prime. J’ajoute qu’il n’y a pas davantage d’augmentation de postes comme l’Etat le fait année après année au point d’atteindre des effectifs pléthoriques. Le bon sens commande d’admettre que nous nous trouvons face à un budget compliqué, fragile, en raison des nombreuses incertitudes qui planent sur la conjoncture (guerre en Ukraine, crise énergétique, difficultés dans les chaînes d’approvisionnement). L’industrie vaudoise a tablé sur une indexation de 2,4% et les sociétés de service autour de 1,9%, ce qui se situe aussi dans la cible au niveau de l’économie romande. Ajoutons, comme cela a été le cas à la CVCI, que l’ensemble des entreprises disposent de systèmes différenciés pour favoriser ceux qui en ont le plus besoin.

Il n’est donc question ni de mépris ni de pingrerie: en augmentant les salaires de la fonction publique dans la mesure où il l’a fait, le Conseil d’Etat a fait preuve d’un sens des responsabilités adapté aux réalités d’un budget aux équilibres fragiles.

Écrit par :

Philippe Miauton

Directeur de la CVCI