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"Nous sommes face à des enjeux colossaux"

    
Les grands groupes internationaux de l'Arc lémanique ont désormais leur porte-voix officiel, le Groupement des entreprises multinationales. Cette organisation s'est récemment réorganisée de manière à mieux pouvoir défendre les intérêts de ses membres. Tour d'horizon avec son président Gérard Vittecoq, par ailleurs directeur exécutif du secteur d'activité "energy and power systems" chez Caterpillar. Jusqu'ici, le Groupement des entreprises multinationales (GEM) était une organisation uniquement axée sur l'appui juridique aux grandes sociétés internationales notamment en matière de droit du travail et des assurances sociales. En septembre dernier, ses membres ont modifié les statuts de manière à le constituer en groupe d'intérêt. Qu'est-ce qui change concrètement?
Gérard Vittecoq:
Le groupement des entreprises multinationales (GEM), initialement appelé "Centre de liaison des multinationales", a vu le jour au début des années 1970. En 1990, il comptait 20 sociétés mem-bres. Il réunit aujourd'hui 78 multinationales, qui emploient près de 30'000 collaborateurs  dans les cantons de Vaud, Genève et Fribourg.

Les multinationales de l’arc lémanique participent depuis plusieurs décennies au développement de la ré-gion, au bien-être de sa population. Mais leur présence est aujourd’hui sujette à pression. En Suisse, les conditions-cadres qui ont prévalu à leur venue tendent à se détériorer. Dans l’intérêt de tous, il devenait important qu’elles se fassent entendre et que le GEM devienne leur voix officielle.

Concrètement, nous avons constitué des commissions ad hoc. Elles ont pour but d’aborder problèmes et enjeux et d’aider le GEM à s’engager dans le débat public. Qu'est-ce qui a motivé cette transformation?
Les multinationales doivent faire face à un environnement politique plus difficile que par le passé. A titre d’exemple, la pression fiscale exercée sur la Suisse, et, par ricochet, sur les sociétés membres, notamment par l'Union européenne, ne fait qu’augmenter.

En parallèle, il convient de rappeler l’impact positif des multinationales pour la région, qu’il s’agisse des retombées économiques directes ou indirectes. Elles sont souvent des exemples d’intégration et s’engagent beaucoup dans des causes sociales et culturelles. L’objectif est donc d’entreprendre une démarche péda-gogique auprès du public et des autorités, et d’améliorer leur image en particulier localement. Ce sont en effet les citoyens qui voteront demain les futures modifications de lois comme celles relatives à l’imposition des sociétés, notamment dites «auxiliaires» et/ou «avec statut» fiscal. Comment le GEM va-t-il s'y prendre pour faire entendre sa voix?
Le GEM veut promouvoir un environnement compétitif pour les sociétés multinationales établies en Suisse romande. Les éléments clés d’un tel environnement sont une main-d’œuvre à haute valeur ajoutée, un envi-ronnement économique favorable et pérenne et un cadre juridique et fiscal prévisibles, compétitifs et trans-parents. Notre rôle sera d’améliorer la compréhension mutuelle des enjeux et des besoins en mettant la priorité sur :
  • La communication entre membres;
  • La communication externe;
  • La participation active et responsable aux processus législatifs cantonaux et fédéraux;
  • La prise en compte de la position des autres Etats et des organismes de régulations inter-nationaux.
Le GEM est désormais la voix commune des multinationales de la région lémanique (Genève, Vaud et Fribourg). Ce sont le président, les vice-présidents et la secrétaire qui contribueront à incarner les mes-sages et donner un visage à l’institution et à l’entier de ses 78 membres. Nous considérons notre action comme un rôle d'appui aux autorités politiques. Ces dernières font – il faut le souligner - un excellent travail. J'ai été impressionné par l'attitude pro-active du gouvernement genevois dans le dossier fiscal. Avez-vous déjà planifié des actions concrètes?
  • La première action concrète a consisté dans la modification des statuts du GEM lors de l’assemblée générale du 27 septembre 2012: le GEM ne se cantonne plus seulement à des thèmes liés aux ressources humaines. Il a désormais pour but de "développer, promouvoir, représenter et défendre les intérêts communs de ses membres en tant qu’entreprises multinationales actives dans les cantons de Genève, Vaud ou Fribourg, auprès des autorités et du public en général";
  • A noter que l’adhésion au GEM est désormais également ouverte aux sociétés soumises à une convention collective de travail (CCT); cette modification permet d’accueillir  des sociétés qui ont manifesté de l’intérêt à rejoindre le groupement. Nous songeons en particulier à des sociétés d’origine suisse telles que Firmenich, les marques horlogères ou les banques suisses, toutes sou-mises à CCT;
  • Des rencontres avec les autorités politiques sur les plans cantonaux, communaux et fédéraux, les associations patronales et économiques, les syndicats et les journalistes, sont agendées. Des ac-tions auprès de la population sont également prévues en cours d’année 2013.
Une collaboration entre Vaud et Genève est-elle prévue?
Bien sûr. Nous suivons notamment les recommandations faites par le Boston Consulting Group au terme d’une étude réalisée au mois de Juin 2012, notamment celle qui prescrit d’augmenter la coopération entre Genève et Vaud afin de créer une stratégie commune concernant les multinationales, même si cette re-commandation était a priori destinée aux autorités!

Il convient de décloisonner et d’être tous unis. Le CVCI et le Centre Patronal pour le canton de Vaud, de même que la FER pour les cantons de Fribourg et Genève et la CCIG pour Genève, sont d’ailleurs membres observateurs du GEM. Les rencontres politiques se feront simultanément. L'un des thèmes les plus chauds touchant les multinationales est la question de la probable suppression des régimes fiscaux spéciaux, appliqués aux sociétés qui réalisent la majeure partie de leurs activités à l'étranger. Quelle est la position du GEM sur cette question?
Il faut être clair. Les multinationales doivent pouvoir bénéficier d’un régime fiscal équitable et acceptable d’un point de vue européen, et bénéficier d’une visibilité comme d’une stabilité à long terme.

C’est pourquoi le GEM a accueilli favorablement les propositions du Conseil d’Etat (CE) du canton de Genève visant à modifier la fiscalité cantonale des entreprises. Les propositions élaborées se basent notam-ment sur les conclusions d’une étude indépendante qui démontre que les entreprises multinationales (dont l’activité est essentiellement tournée vers l’étranger et au bénéfice de statuts fiscaux) sont des contributeurs majeurs à l’économie genevoise et que leur maintien dans le canton du bout du lac est un enjeu capital pour Genève. Cette étude souligne notamment les effets directs et indirects suivants sur l'économie cantonale, en notant que ceux-ci sont probablement sous-évalués. Comment voyez-vous l'avenir des multinationales dans l'Arc lémanique?
Comme on dit en anglais : challenging. Rien n’est acquis et il convient de se battre. Nous sommes face à des enjeux colossaux et à une guerre économique sans précédent. Nous devons pouvoir rester compétitifs, notamment au niveau fiscal, ce qui devient toujours plus difficile. Nos concurrents sont très actifs, ouvrons les yeux. A titre personnel qu'est-ce qui vous a motivé à vous engager en tant que président du GEM?
Dans mes fonctions dirigeantes, j’ai la chance de voyager et d’avoir une vision globale des échanges et enjeux mondiaux. Je travaille à Genève depuis plus de 30 ans, mes enfants ont grandi ici. J’ai donc un attachement particulier à cette région et j’ai un réflexe naturel à la défendre lorsque sa compétitivité est mise en danger. Personnellement enraciné dans la région, je suis conscient de tout ce qu’elle apporte. Je considère que j’ai un devoir de m’engager pour les générations futures. Le GEM est une formidable plateforme pour transmettre aux acteurs concernés des propositions visant à pérenniser une croissance durable et respon-sable. Le groupe Caterpillar, dont vous êtes directeur exécutif de l'une des divisions, a une forte présence à Genève. Posons la question concrètement: êtes-vous démarché par d'autres pays pour déménager une partie de vos opérations?
Nous ne sommes pas démarchés pour transférer des sièges, nous sommes démarchés tout court. Tous les pays essayent d’attirer des investissements pour créer des emplois. Leur objectif prioritaire est de créer des postes de travail et ils y mettent les moyens. La concurrence est globale. C’est la raison pour laquelle il est important pour la région de rester compétitive. La Suisse a des atouts, avec son plurilinguisme, sa main-d'œuvre qualifiée et son indépendance. Il s'agit de préserver ces particularités. La Suisse est souvent décrite comme "îlot de cherté" (franc fort, loyers et salaires élevés). Est-ce aussi l’analyse de Caterpillar ?
Notre entreprise a une approche sur le long terme : nous relevons ce que la région offre en termes d’éducation, d’innovation, d’interconnexion, de centralité, de cadre de vie. Pour l’instant, la valeur que nous rapporte une présence en Suisse dépasse les coûts liés au franc fort. C’est donc un tout et la balance penche encore aujourd’hui favorablement pour la région lémanique. Philippe Gumy
(Pour LeJournal CVCI n° 34 - décembre 2012)

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