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Un manifeste pour les start-ups : les dix priorités pour une politique d'innovation active en Suisse

    

Le Réseau, en collaboration avec Bilan et sur la base des suggestions et demandes exprimées par de nombreux entrepreneurs, propose de soutenir dix mesures pour améliorer les conditions-cadres entourant la création et la croissance de nouvelles entreprises innovantes en Suisse. 
 
La CVCI, active elle aussi dans le soutien à l'innovation depuis de nombreuses années, a rencontré Fathi Derder, président du Réseau et Conseiller national, pour évoquer ce manifeste et les activités du Réseau.

Vous avez repris la présidence du Réseau il y a une année, pourriez-vous nous présenter cette association ?
Le Réseau est une association à but non lucratif qui a pour mission de promouvoir l’innovation en Suisse, en soutenant des conditions-cadres favorables aux jeunes entreprises innovantes. Il a été créé en 1998 et a suivi un développement intéressant au cours des 15 dernières années. Il compte aujourd’hui une trentaine de membres actifs dans la recherche, l’innovation, la finance, le capital-risque. Le Réseau regroupe des entreprises (Nestlé, Swisscom, LODH, PwC, EY, KPMG), des Hautes Ecoles (EPFL, CSEM), des associations économiques (dont la CVCI), des start-ups et des membres individuels (avocats, professeurs, entrepreneurs, investisseurs). 
Quels constats sont à l'origine de ce manifeste en faveur des start-ups suisses ?
La Suisse n’a pas, à proprement parler, de politique d’innovation et de soutien aux jeunes entreprises innovantes. Des mesures d’encouragement existent dans diverses lois, mais aucune vision d’ensemble de la question n’est aujourd’hui accessible. Le Réseau a identifié les mesures et structures de soutien à l’innovation en Suisse pour en tirer une vision globale. Grâce aux rapports d’experts en la matière, et aux opinions des différents acteurs de l’innovation, nous avons pu établir les actions importantes à mener. La Confédération doit s’engager pour une politique d’innovation active en Suisse. Tel est le message que Le Réseau adresse au monde politique et économique.
La Suisse offre déjà un terreau relativement favorable à l'éclosion de jeunes entreprises. Le problème ne se situerait-il pas dans les conditions-cadres pour permettre la croissance de ces dernières ?
En effet, c'est certainement là que le bât blesse. Pour le confirmer, le Réseau a organisé en collaboration avec le magazine Bilan un sondage auprès d'environ 200 entrepreneurs. Le panel était constitué des  derniers lauréats des Venture Leaders - l'équipe nationale de 20 start-ups sélectionnées chaque année - ainsi que les «50 start-ups dans lesquelles investir » de Bilan. Un peu plus de soixante ont répondu.  
Quels sont les résultats de cette enquête ? 
Cette enquête révèle des informations intéressantes, comme l’absence de contacts entre les entreprises suisses cotées en bourse et les petites entreprises innovantes : huit sondés sur dix affirment n’avoir jamais eu le moindre contact avec une entreprise du SMI (Swiss Market Index) ! Autre information inquiétante : quatre start-ups sur dix avouent que, si c’était à refaire, elles le feraient à l’étranger. Ce chiffre doit sonner comme un signal d’alarme pour le monde politique. Une des causes apparaît dans le sondage : l’absence de capital-risque et des venture-capitalist trop lents, ou trop discrets.
Pour améliorer la situation, votre manifeste propose dix priorités pour une politique d’innovation suisse.
Oui, ces dix points sont développés sur le site du Réseau. Ils font partie de nos priorités : certains font déjà l’objet d’interventions parlementaires, d’autres sont à venir. Le manifeste sera signé par les start-ups suisses et remis au Secrétariat d’Etat à l’économie dans les semaines qui viennent (Ndlr : Il est toujours possible de signer le manifeste sur le site : www.lereseau.ch).
Parmi les propositions prioritaires du manifeste, on retrouve plusieurs mesures concernant la fiscalité (notamment la défiscalisation des investissements privés dans les jeunes entreprises, projet soutenu de longue date par la CVCI) ?
En effet, la proposition numéro une s'inspire largement du modèle de taxation différée imaginé il y a plusieurs années par la CVCI. De manière générale, une fiscalité adaptée permettrait certainement de résoudre une bonne partie des problèmes de financement et de recrutement que rencontrent les start-up suisses.  Les propositions du manifeste rencontre-elles un bon écho à Berne ?
Oui, le Conseil national a récemment soutenu à l’unanimité mon postulat : « Pour un meilleur développement des jeunes entreprises innovantes». Le Conseil fédéral est donc chargé de rédiger un rapport sur les mesures à prendre pour encourager les start-ups, en s’inspirant notamment d’exemples à l’étranger. Il se penchera également sur des mesures pour encourager le capital-risque en Suisse. Le Réseau se tient à disposition du gouvernement pour lui suggérer des pistes de travail. Des séances sont d’ores et déjà prévues. Nous y rappellerons les attentes de notre manifeste. Autre mesure importante prise pour l’innovation lors de la dernière session : le Conseil national a soutenu une motion du groupe PLR pour réformer la Commission pour la technologie et l'innovation (CTI). Objectif : donner plus de souplesse et de réactivité à la CTI, en créant une fondation équivalente au Fonds national suisse (FNS). Les soutiens aux start-ups seront ainsi facilités. La motion doit encore passer le cap du Conseil des Etats, mais on peut déjà s’attendre à voir une évolution de la CTI d’ici 2015. Finalement, le gouvernement soutient la motion de mon collègue Konrad Graber. Le principe est simple : il s’agit d’encourager les caisses de pension à créer en commun un fonds qui assumerait la fonction d’intermédiaire au profit de toutes les institutions. Et qui investira dans des fonds de capital-risque spécialisés. 
Comment encourager les caisses de pension à investir, ne serait-ce qu’un tout petit pourcent, dans l’avenir du pays ? 
Comme le relève le Conseil fédéral dans sa réponse à la motion Graber, rien ne s’oppose aujourd’hui à ce que les institutions de prévoyance augmentent la proportion de ces placements. Mais leur situation est délicate : les assurés assument les risques de la politique de placement choisie. Les institutions hésitent donc à franchir le pas du private equity. Dans ce contexte, le Conseil fédéral estime que l’Etat peut «s’employer à améliorer le cadre qui permet aux caisses d’alimenter l’économie suisse en capital-risque porteur d’avenir sans outrepasser leur capacité de risque et leurs possibilités». 
Le Réseau lance un manifeste, en collaboration avec Bilan
Les dix priorités pour une politique d’innovation suisse : 1. Défiscaliser les investissements des privés dans les start-ups 2. Aménager le système fiscal pour les start-ups 3. Améliorer le système de participation des collaborateurs 4. Créer un fonds de fonds en capital risque 5. Création d’un second marché suisse 6. Faciliter le développement de l’économie collaborative 7. Mettre en place un «visa entrepreneur» 8. Un «Swiss Small Business Act» (marchés publics aux start-ups suisses) 9. Réformer la CTI (plus souple, plus réactive, et internationale) 10. Mettre sur pied «Darpa» suisse (cellule d’innovation armée suisse) Propos recueillis par Julien Guex
(Pour LeJournal CVCI n° 49 - avril 2014)
Contact

Raphaël Thiébaud

Responsable du dossier "Développement durable"