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Pour notre pays, le repli n'est pas une option!

    

Une étude académique genevoise conclut que l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» visant à réduire l'immigration d'ici à 2050 aura un impact très négatif sur l'économie et la population. Disons clairement non à une dégradation des équilibres économiques et budgétaires! 

L'été pourrait être chaud dans le dossier européen! Nous voterons possiblement en juin prochain sur l’initiative populaire fédérale «Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité)», même si la date n'est pas encore formellement arrêtée. Ce texte vise à plafonner la population résidante permanente de la Suisse à 10 millions d’habitants avant 2050. Il prévoit l’adoption de mesures législatives restrictives en matière de migration dès le seuil de 9,5 millions atteint et, à défaut de résultats, la dénonciation de l’Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Notre pays, ouvert sur le monde, pâtirait d’une telle limitation selon une étude réalisée sur mandat de la Fédération des entreprises romandes Genève. Les auteurs, issus des milieux académiques du bout du lac, ont examiné les conséquences démographiques, économiques et environnementales de cette initiative, à partir de scénarios démographiques et d’une revue approfondie de la littérature récente. 

Effets macroéconomiques négatifs 

Les simulations montrent que la stabilisation de la population à 10 millions d’habitants ne peut être atteinte que par une réduction massive du solde migratoire. Sans surprise, cette contraction de l’immigration entraînerait une diminution rapide de la population active (20–64 ans). L'étude démontre que cette diminution aurait des effets macroéconomiques négatifs dans un contexte de pénurie structurelle de main-d’œuvre et de vieillissement démographique. Les secteurs les plus exposés sont ceux dont la part de main-d’œuvre étrangère est élevée, à savoir l'hébergement–restauration, la construction, les activités immobilières et de services administratifs. 

Ce n'est pas tout:  la situation financière de l’AVS et de l’AI serait particulièrement affectée par une diminution de l’immigration. Les projections indiquent un déficit structurel de l’AVS dès 2026, aggravé par la baisse de la croissance de la masse salariale. Les experts mandatés par la FER concluent que l'application de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions» entraînerait une contraction de la population active, une accentuation du vieillissement et une dégradation des équilibres macroéconomiques et budgétaires.  

Non-sens économique 

Les initiants marchent sur la tête: inscrire un plafonnement strict de la population dans la Constitution est un non-sens économique pour la simple raison que le nombre de travailleurs indigènes diminue et que celui des personnes âgées augmente. C'est dire si la Suisse restera tributaire de l’immigration à l’avenir pour accomplir nombre de tâches diverses!  

Les derniers sondages indiquent que le résultat du scrutin sera serré. L’immigration suscite des inquiétudes au sein d’une partie de la population qu’il s'agit de prendre en compte. Mais au lieu de s’attaquer aux vraies difficultés et de proposer des solutions concrètes, cette initiative crée de nouveaux problèmes en cascade. Les partisans de l'ouverture – dont la CVCI - vont devoir s'employer pour convaincre le plus grand nombre que ce texte menace la prospérité et le développement économique de notre pays, et qu'il représente également un risque pour la voie bilatérale avec l’Union européenne. La Suisse est ouverte et doit le rester! 

Écrit par :

Philippe Miauton

Directeur de la CVCI

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