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L’apprentissage n’est pas un second choix

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Les championnats de Suisse des métiers – SwissSkills 2022 – se tiendront à Berne du 7 au 11 septembre prochain. Cinq jours durant, les meilleurs jeunes professionnels de tout le pays présenteront leur savoir-faire, proposant une plongée inspirante dans la grande diversité des métiers de l'apprentissage. Cet événement réunissant plus de 1000 jeunes représentant 150 métiers permet de rappeler l’importance de la formation professionnelle pour notre pays. 

Pourtant, l’apprentissage n’a plus guère la cote chez les adolescents, considéré comme un second choix par une majorité d’entre eux. Depuis plusieurs années, nombre de chefs d’entreprise peinent à recruter les professionnels de demain. Il est vrai que la pandémie de coronavirus et les incertitudes économiques qui lui étaient liées ont rendu le processus de recrutement plus compliqué au cours des deux dernières années. Dans le secteur de l’industrie des machines, environ 9% des places proposées restent aujourd’hui vacantes. 

Près de 19'000 jeunes vont commencer ou continuent leur apprentissage dans l'un des 175 métiers proposés dans le canton de Vaud. Lors de la rentrée politique, Frédéric Borloz, conseiller d’Etat chargé notamment de la formation professionnelle, a relevé que si ce type de formation «permet de préparer et d'intégrer au mieux les jeunes dans la vie active», à peine 20% d’entre eux se sont directement dirigés vers la voie professionnelle à la sortie de la scolarité obligatoire l'an dernier. C’est un souci pour les entreprises, d’autant plus que le départ programmé des babyboomers accentue la pénurie de talents dont souffre l’économie de notre pays. 

Bien sûr, il reste parfois difficile de choisir un métier au sortir de l’école obligatoire. Entamer des études gymnasiales permet à certains de retarder l’heure du choix. Il reste que le système éducatif d’aujourd’hui autorise des changements de voie bien plus aisés que par le passé. Le titulaire d’un CFC peut parfaitement décider de faire une maturité professionnelle et de bifurquer vers des Hautes écoles via des passerelles. Tout reste ouvert. 

Volonté cantonale saluée 

L’apprentissage ne doit cependant pas être vu comme un second choix. Les nombreuses possibilités qu’offre cette voie méritent d’être mieux connues des jeunes. Les SwissSkills leur donnent l’occasion de se questionner sur leur avenir et de voir que ces métiers évoluent avec la société et les besoins de l’économie. Le Canton planche sur une série d'actions pour revaloriser l’image de l’apprentissage: une orientation plus efficace, une meilleure information de l'ensemble des élèves, quelle que soit leur filière VG ou VP, ainsi qu’une valorisation des attestations de formation professionnelle. La CVCI salue la volonté affichée par le nouveau chef du Département d’associer l’économie et les associations à la réflexion «comment valoriser la formation professionnelle» auprès des jeunes. Ces mesures vont dans le bon sens. 

Exploiter la piste des réseaux sociaux, que certains chefs d’entreprise envisagent depuis peu, n’est en outre pas l’idée la plus inattendue. En publiant des annonces sur Instagram ou sur TikTok, on peut probablement attirer certains jeunes vers la voie de l’apprentissage. C’est aussi cela, l’innovation. 

Écrit par :

Romaine Nidegger

Responsable de la politique

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