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"Le marché suisse de l'assurance m'apparaît déjà bien concentré"

Taux bas, développement d'Internet comme canal de distribution, réglementation : le secteur de l'assurance doit rester vigilant sur tous les fronts. Philippe Hebeisen, directeur général de Vaudoise Assurances, peut s'appuyer sur une compagnie financièrement solide pour affronter l'avenir. 

Comment s’est passée l’année 2014 et quelles sont les perspectives 2015 pour la Vaudoise Assurances ?

Philippe Hebeisen : L'année 2014 a été un très bon millésime marqué par une absence de gros sinistres. Les perspectives 2015 paraissent suivre la même tendance. Il m'est difficile d'être plus précis à ce stade. Nos résultats annuels ne seront publiés qu'en avril et nous sommes tenus aux règles boursières en matière de communication.

La Vaudoise Assurances est l'une des compagnies parmi les plus dynamiques et les plus rentables de Suisse depuis des années. Quelle est votre recette ?

Le rajeunissement de notre identité visuelle dès 2010 a contribué à la croissance de la Vaudoise, à élargir son public. Aujourd’hui, la marque a une présence et une visibilité forte, mais l'image ne suffit bien évidemment pas. Elle ne fait que mettre en lumière l'identité de l'entreprise. La Vaudoise suit une stratégie de proximité. Cela commence par un réseau de distribution propre très dense en proportion de notre taille. Nous recrutons très soigneusement nos conseillers qui doivent être capables de nouer des relations de confiance fortes avec nos clients. Leur rôle de conseil est primordial. Cette dimension relationnelle est la moins copiable dans la création de chaîne de valeur de notre branche. Il faut y ajouter le dynamisme de nos relations avec un certain nombre de courtiers indépendants sélectionnés avec soin. Pour terminer, je dirais que nos racines mutualistes, qui nous conduisent depuis trois ans à redistribuer une partie des excédents non-vie à nos clients, contribuent fortement à la stabilité, voire au développement des portefeuilles.

Comment relevez-vous le défi des taux durablement bas ?

Disons que nous nous sommes préparés à cette situation; grâce à la bonne tenue des marchés financiers, nous avons en effet pu constituer une importante provision pour garantie de taux, ces quatre dernières années. Nous avons ainsi abaissé le taux technique moyen garanti à 1,8 % et nous estimons être très bien positionnés en comparaison avec le marché. Notre allocation d'actifs est complétée par des placements immobiliers suisses, en grande partie directs, et des placements à revenus variables. Cette combinaison assure un rendement adéquat et une faible volatilité des résultats. A cela s'ajoute la solidité financière exceptionnelle du Groupe Vaudoise Assurances, les fonds propres ayant plus que doublé au cours des sept années passées. Nous estimons être très bien préparés à ce défi et à une éventuelle prochaine crise financière, qui ne peut jamais être exclue.

Le marché suisse de l'assurance reste relativement fractionné. Vous attendez-vous à d'autres fusions-acquisitions (après la fusion de Nationale et d'Helvetia) dans la branche ? Quelle sera l'attitude de La Vaudoise face aux changements ?

Le marché de l'assurance m'apparaît déjà bien concentré en tout cas en ce qui concerne les acteurs importants. Je ne vois guère d'opportunité dans un futur proche. Par contre, les normes réglementaires toujours plus rigoureuses vont certainement pousser à la concentration les plus petites structures. 

Internet a révolutionné de nombreux secteurs, notamment au niveau des canaux de distribution. Cela ne semble pas être autant le cas dans l'assurance. N'est-ce qu'une impression ? Si non, en quoi votre métier a-t-il fondamentalement changé avec le numérique ?

Il est vrai que les clients suisses concluent encore peu par Internet, à la différence de pays voisins. Chez nous, l'assurance demeure une affaire de proximité dans laquelle une relation personnelle entre un conseiller ou un courtier et son client reste importante dans tous les segments de clientèle. Par contre, l'élaboration progressive d'une stratégie de distribution «omnicanal» nous pousse évidemment à tirer le meilleur parti de la révolution numérique. Comme dans nombre d'autres métiers, elle a et aura un impact majeur sur l'efficacité des processus et la simplification du service à la clientèle.

Comment voyez-vous la Vaudoise en 2025 ?

Je vois une compagnie solide, bien implantée sur tout le territoire national avec une présence renforcée en Suisse alémanique. Mieux focalisée aussi sur ses meilleurs atouts. Notez que dans un monde de plus en plus «court-termiste», 2025 appartient à la science-fiction !

(Décembre 2014)

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