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Pas besoin d'obliger les PME à penser "durable", elles le font déjà

Deux tiers des petites et moyennes entreprises romandes estiment que le développement durable constituera un enjeu majeur au cours des cinq prochaines années. Plus du tiers y voient une opportunité d'affaires importante. Plus de 40% perçoivent des retombées publicitaires. Ces chiffres tirés d'un récent sondage mené par PricewaterhouseCoopers (PWC) montrent que la prise en compte des défis environnementaux et climatiques dans la gestion des sociétés au quotidien s'impose toujours davantage.
Mieux encore: de nombreuses entreprises sont déjà passées à l'action. Une matinée de brainstorming sur cette thématique menée l'automne dernier avec les délégués de la CVCI (lire Vite-dit pages 8 et 9) a permis d'établir un catalogue de mesures: plan de mobilité, tri des déchets (papier, PET et plastiques, capsules de café, notamment), économies de chauffage, d'électricité, etc. Autant de procédures, d'améliorations et d'assainissements mis en place dans le canton de Vaud sans aucune contrainte légale.
Les mesures volontaires fonctionnent. Les esprits chagrins diront que l'on peut faire davantage, plus rapidement. Sans doute. Mais l'expérience du terrain montre que les employeurs sont disposés à agir, pour autant que les mesures soient rentables. Cette dernière condition – un rapide retour sur investissement – devrait d'ailleurs être la pierre angulaire de toute législation future sur cette thématique. Procéder par incitations plutôt que par obligations constitue un autre principe auquel le législateur ne devrait pas déroger.
On espère que le parlement fédéral, dont la commission du Conseil National chargée de l'énergie (CEATE) traite actuellement de la stratégie énergétique 2050, gardera ces constatations à l'esprit ces prochains mois. Fixer dans la loi des objectifs irréalistes en matière d'économies d'énergie et de développement du solaire, de l'éolien, de la biomasse et de la géothermie, comme le propose le Conseil fédéral, serait contre-productif. Dans ce tournant énergétique, les entreprises doivent être considérées comme des partenaires, et non comme de simples administrées, présupposées réticentes à tous changements. 
La même remarque est valable concernant la révision de la loi sur la protection de l'environnement, dont le Conseil fédéral a adopté le message le 12 février dernier. Ce texte ne propose que des contraintes, que ce soit en matière de recyclage ou d'informations que les entreprises devront donner sur les produits qu'elles fabriquent, en matière d'utilisation efficace des ressources. Surveillance, obligations et contrôles dominent. C'est regrettable.
Les entreprises suisses, PME et multinationales confondues, démontrent chaque jour qu'elles savent s'adapter à la concurrence internationale, aux crises financières et économiques à répétition, à la cherté du franc, à l'évolution technologique toujours plus rapide, à l'absence de visibilité conjoncturelle à long terme. Il n'y a aucune raison de douter qu'elles sauront continuer à intégrer par elles-mêmes le développement durable à leur modèle d'affaires.  
Philippe Gumy
(Pour LeJournal CVCI n° 48 - mars 2014)

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