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Décision mise avant tout sur les certifications

L'entreprise, à la pointe du développement des matériaux composites, entend valoriser l'expérience acquise avec Solar Impulse en développant de nouveaux projets, comme des drones solaires.

Alinghi et Solar Impulse ont figuré parmi ses clients les plus éminents. Autant dire que Décision en connaît un rayon sur les matériaux composites ! C'est dans la banlieue ouest de Lausanne, à Ecublens, que la société conçoit les matériaux légers et résistants de demain, à base de carbone, de kevlar, de fibre de verre ou de résine époxy. Cofondateur de la société en 1984 au côté de navigateur Pierre Fehlmann, avec qui il a vogué autour du monde sur le mythique Disque d'Or III, Bertrand Cardis a assumé la direction de Décision pendant trente-deux ans. Cet automne, cet ingénieur EPFL a demandé à être libéré de l'opérationnel afin de pouvoir consacrer une partie de son temps à de nouveaux projets. Comme, par exemple, valoriser la technologie développée avec l'avion Solar Impulse de Bertrand Piccard en mettant en œuvre des drones solaires. Les composites sont un marché en pleine expansion mais aussi très disputé. «Au début, explique Bertrand Cardis, nous étions pratiquement seuls dans ce domaine et nous avons obtenu de nombreux mandats. Depuis les années 2000, des concurrents sont apparus et ces matériaux se sont généralisés dans l'aéronautique, l'automobile et des sports comme le tennis, le ski et, plus récemment, le golf.» La tendance consiste aujourd'hui à trouver des procédés permettant de démocratiser ces matériaux et d'en diminuer les coûts de production. «Notre métier, c'est d'assembler ces matériaux pour créer un matériau adapté à l'objet. Nous sommes une société de développement avec un grand savoir-faire.» La concurrence la plus féroce, elle vient du change… L'abandon du taux plancher face à l'euro, il y a bientôt deux ans, est «catastrophique» pour Bertrand Cardis : «Face à nos voisins européens, nous avons une peine folle à être concurrentiels, déplore-t-il. Nous sommes contraints de réduire nos marges et avons dû réorganiser la société. Avec un euro à 1 fr. 10, nous travaillons presque à perte ! La vraie question est de savoir combien de temps cela peut durer…» A terme, l'industriel craint que la Suisse ait des problèmes à conserver son train de vie élevé : «A un moment donné, il faudra un rééquilibrage.» L'appartenance de la société au groupe français Carboman lui permet toutefois d'atténuer certains désagréments liés au change. Côté affaires, Décision mise sur la qualité et «la sortie par le haut». Elle a ainsi investi pour obtenir la certification ISO 9001 et la norme EN 9100 dans le domaine aéronautique et spatial, ce qui lui permet de soumissionner sur des lots de sous-traitance pour Armasuisse et RUAG. Parallèlement, l'entreprise a conçu une partie du voilier de Team France Groupama qui disputera l'an prochain l'America's Cup et effectue de la maintenance sur les multicoques du Léman. Elle s'est aussi diversifiée sur plein de petits travaux comme la réparation de vélos en carbone. Rapports étroits avec l'EPFL Le voisinage de l'EPFL et de son laboratoire de technologie des composites et polymères permet à Décision de demeurer à la pointe du développement dans ce domaine. «Nous avons des rapports très étroits avec lui et nous suivons de près les projets de recherche», se réjouit Bertrand Cardis. A une autre échelle, la présence de nombreuses organisations sportives dans le canton de Vaud constitue elle aussi un plus à ses yeux : «C'est fondamental pour la région. Cela crée un grand dynamisme et de nombreux emplois.» Et le projet de JO d'hiver pour 2026, défendu notamment par la CVCI ? «A titre personnel, relève l'entrepreneur-navigateur, j'estime qu'un tel événement devrait permettre de dynamiser nos infrastructures, dans un esprit durable.» Le modèle à suivre, pour lui, c'est l'Exposition nationale de 1964, dont tout le monde bénéficie aujourd'hui encore des investissements (autoroute Lausanne-Genève, espaces public au bord du lac, etc.). Le mauvais exemple, c'est Expo.02 dont il ne reste rien. «La réutilisation des infrastructures est l'une des devises de cette candidature.» A l'heure de conclure, Bertrand Cardis estime qu'un entrepreneur doit être prêt à se remettre en question et à trouver des idées nouvelles «car les temps à venir ne seront pas faciles. Nous ne pouvons pas vivre sur nos certitudes. Mais nous avons tout ce qu'il faut pour bien faire dans une région extraordinaire et l'on doit absolument lutter pour préserver cela.» Jean-François Krähenbühl www.decision.ch  

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