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L'entrepreneuriat à la fête pour les 10 ans du FOROM

Ancré à Yverdon, la ville qui l'a vu naître, le FOROM (nouveau nom du Forum économique du Nord Vaudois - FENV) fête ses 10 ans cette année. Une édition marquée d’une pierre blanche, qui sera placée sous le signe de l'entrepreneuriat, avec pour thème "Laissez-nous réveiller l'entrepreneur qui est en vous".  

Rencontre avec l'un des conférenciers de la manifestation qui aura lieu le 3 septembre prochain : Patrick Delarive,  président du Groupe Delarive.

En tant qu'entrepreneur accompli, pensez-vous qu'il y des choses à savoir avant de se lancer ?

Patrick Delarive : Il n'y a pas de recette toutes faites, ça se saurait. Par contre, il faut être prêt à travailler plus. Si, pendant des années, une personne travaille ne serait-ce que deux heures de plus par semaine, au bout d'un certain temps, elle aura des années de carrière professionnelle en plus à faire valoir. Ensuite, il faut avoir une idée, et tout le monde n'a pas des idées. Je connais des personnes qui sont devant leur feuille blanche depuis 30 ans. A mon avis, ils manquent de curiosité. Je pense qu'en étant curieux, en s'ouvrant à l'autre, des portes s'ouvrent. On finit par découvrir quelque chose qui va nous intéresser, et cela peut mener à un nouveau métier. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'investissement en temps, la curiosité et la rapidité d'action sont essentiels. Je préconise toujours d'accepter ce que l’on vous propose, vous allez trouver ultérieurement une manière de le mettre en place. 

Vous dites toujours que l'entrepreneuriat ne s'apprend pas sur les bancs d'école. Est-ce l’une des raisons d’être d’un événement tel que FOROM ?

Pour moi, l'entrepreneuriat s'apprend en dehors de quelques recettes de base. Evidement, il y des cours d'entrepreneurship, qui sont étonnamment toujours donnés par des gens qui ne viennent pas de la pratique. Je ne dis pas que ça ne sert à rien, mais plutôt que l'entrepreneuriat s'apprend par l'expérience, qu'elle soit bonne ou mauvaise. C'est pour ça qu'à mon sens, c'est le partage d'expérience qui est essentiel pour accélérer ce processus. Si vous êtes au contact des gens qui ont une expérience différente ou plus longue, vous allez avoir des déclics, des portes qui s'ouvrent dans votre tête. Naturellement un forum de ce type est important. Ses organisateurs ont, je crois,  imaginé quelque chose de spontané, avec des questions qui viennent du public. Ils ont également un panel d'intervenants varié, des personnes qui racontent leur histoire. Des histoires de vie et de parcours.

Vous dites que la génération Y est composée de jeunes qui ne veulent plus travailler pour quelqu'un d'autre…

Et je le pense. Cette génération,  qui a entre 22 et 32 ans aujourd'hui, s'est élevée toute seule. Je le dis avec toute la prudence d'usage. Ces jeunes ont eu des parents qui travaillaient tous les deux, qui souvent se sont séparés. Ils ont aussi vécu beaucoup plus de crises économiques, parce que les cycles se sont raccourcis. Cela leur a permis de prendre conscience, en première ligne, de la précarité dans laquelle on peut soudainement se retrouver lorsqu'on perd un emploi. Ils ne veulent, par conséquent, ne dépendre que d'eux-mêmes.
Leur énorme atout par rapport à la génération de leurs parents, c'est que pendant toute leur scolarité, ils ont dû apprendre des choses en ayant simultanément une télé allumée, une radio, msn, whatsapp… Ils ont acquis, par leur manière de fonctionner, une capacité à gérer plusieurs choses en même temps et c'est un très gros avantage concurrentiel sur la génération d'avant. C'est aussi une qualité essentielle pour être entrepreneur. La personne qui se met à son compte, en tout cas au début, fait absolument tout et tout en même temps. Les jeunes de la génération Y ont appris à évoluer avec de nombreux outils qui les accompagnent en permanence.

A propos des femmes entrepreneurs, vous dites qu’elles ont moins d'égo, raison pour laquelle on les voit moins. Sont-elles pour autant difficile à trouver ?

Non, les femmes sont présentes dans l'économie, mais elles sont certainement plus présentes dans les PME que dans les multinationales. Elles sont également actives en politique, où la répartition est plus équilibrée. Dans les PME, il y a beaucoup de femmes entrepreneurs. Par contre, à ma connaissance, il y a aucune femme à la direction d’une entreprise membre de l’indice des valeurs vedettes de la bourse suisse, le SMI. Pourquoi ? Bien sûr, les femmes font carrière depuis moins longtemps que les hommes.  Mais aujourd'hui, peu d'entre elles sont cadres supérieurs dans les grandes entreprises. J'ai tenté d'en rencontrer, dans le cadre de mes activités médiatiques. Je voulais apporter de la diversité dans les sujets que j'aborde. Elles sont non seulement difficiles à trouver, mais en plus, elles ne veulent pas apparaître dans les médias…  Il me semble qu'elles ont moins cette volonté de se mettre en avant. Je ne sais pas si c'est par manque de temps, si elles trouvent que ce n'est pas nécessaire ou si elles ne veulent pas être exposées. Il est vrai que c’est en train de changer. Mais ces changements de société prennent beaucoup de temps. 

Propos recueillis par Arditë Shabani (Juin 2015)

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