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Swissquote a simplifié à l'extrême l'univers de la banque et du trading

Voici bientôt vingt ans que la banque Swissquote, basée à Gland, est active dans le domaine des services financiers et du négoce en ligne. Elle a obtenu un avantage concurrentiel grâce à son rôle de pionnière lors du boom d'internet et se profile comme le leader suisse de la banque et du trading en ligne. Paolo Buzzi, Chief Technical Officer et co-fondateur explique ce succès et se risque à quelques prévisions.

Swissquote, pur produit de la première vague Internet, celle de la fin des années 1990. Lancement en 1997, introduction en bourse en 2000, survivant de l’éclatement de la bulle Internet... Comment avez-vous réussi à vous imposer comme le leader suisse du trading en ligne, avant de devenir une banque complète et d’étendre vos activités dans les devises avec le rachat de Mig Bank?
Pour répondre à cela, il est nécessaire de revenir dans le temps. Pour notre cas, la période déterminante a été vers la fin des années 90 et le début des années 2000, ce qui correspond au début d'internet. Avant ça, les consommateurs n'avaient que le journal comme moyen d'information, ce qui veut dire qu'elle nétait pas disponible en temps réel. Avec l’arrivée d’internet, nous pouvions fournir l'information boursière directement à l’utilisateur final avec des cotations en temps réel. On pouvait consulter la bourse quand on le souhaitait et c'était un énorme changement dans la manière d'aborder le domaine. C'est dans ce contexte que Swissquote a répondu à un besoin et à un mouvement qui était, selon moi, déjà en marche : la trading en ligne. Swissquote a donc démocratisé l'univers de la banque et du trading en le simplifiant à l'extrême. Ce secteur, autrefois réservé aux traders professionnels, est devenu accessible à tous. Simplifié au maximum, l'outil devient à la portée d'une majorité.  

De plus, Swissquote avait la particularité de se concentrer sur des marchés locaux en présentant l’information de manière compréhensible et en lien avec l’actualité économique du pays, ce qui n'était pas du tout le cas des concurrents de l'époque. Swissquote s'est d'abord concentré sur la bourse suisse pour ensuite proposer les bourses étrangères.

En 2008, pour diversifier la source de nos revenus, nous avons décidé de fournir à nos clients une nouvelle plateforme de courtage sur devises. Suite à l’achat des sociétés ACM et MIG nous faisons partie des 10 plus grosses sociétés mondiales dans le domaine des devises. Aujourd’hui, l’activité dans les devises représente 40 % de nos revenus totaux.

Finalement, votre plateforme a peu changé en presque 20 ans, en tout cas à première vue. Je parle là du design et des fonctions. N'est-ce qu'une impression ? Comment avez-vous innové ? 
On essaye toujours de garder le mental des débuts et de promouvoir l'innovation. Pour nous, être orienté vers l'innovation est aussi un état d'esprit. Il y a dans nos bureaux une ambiance de start-up, avec une moyenne d'âge assez jeune. On cultive notre différence, on ne se compare pas. Il est prioritaire pour nous d'identifier et de valoriser les personnes qui ont le sens entrepreneurial. C'est aussi important d'écouter les suggestions des clients et d’anticiper les trends. Par exemple, on a été les premiers à faire une application de trading et d’information financière sur iPhone en Suisse.

En ce qui concerne nos innovations récentes, on peut citer la dernière, l’ePrivate Banking. Cet outil révolutionne la gestion de fortune car c’est le client lui-même qui définit le risque qu’il est prêt à assumer ainsi que sa stratégie et laisse à l’ordinateur le soin de prendre les décisions d’investissement. Nous avons développé les algorithmes de l’ePrivate Banking en collaboration avec des ingénieurs de l’EPFL. Il permet ainsi une gestion de fortune entièrement automatisée et active. Une fois que le profil de risque est établi, l’ordinateur effectue de façon autonome les transactions dans un univers composé de 1000 produits financiers à travers le monde, comprenant actions, obligations, fonds, etc. C'est une interface très simple, ayant pour objectif d'offrir une alternative avantageuse et flexible à la gestion de patrimoine classique.  

Toute l’économie ne parle que de «disruption». Pour Swissquote, quelle sera la prochaine «disruption», étant entendu que vous en avez été une dans le trading ?
Nous sommes très convaincus que, justement, le trading algorithmique sera la prochaine disruption apportant une plus grande efficience à l’investisseur.

On observe aujourd’hui l’émergence des « fintech », ces start-up de la finance. Vous en avez été une avant l’heure, comment observez-vous leur progression aujourd’hui ?

Nous étions récemment à New York et en avons profité pour aller voir ces fameuses fintech. Ce sont en général des sociétés de deux, trois, quatre personnes, passionnées, qui innovent dans la finance en construisant des produits soit de paiement, soit des robots qui donnent des conseils de placement, soit en utilisant des technologies nouvelles pour effectuer des transactions. Ces produits répondent à des besoins concrets de consommateurs. Aujourd’hui, les banques sont très préoccupées par la gestion du risque, la compliance et les autres règles internes qu’elles en oublient les besoins de leurs clients. L’avenir probablement verra aboutir des partenariats tripartites entre la Fintech, qui apportera l’innovation, la banque classique, qui mettra son réseau à disposition - par exemples les canaux de paiements - et la société digitale, qui permettra la grande distribution, par exemple Apple ou Google.
Dans le domaine des Fintechs, la Suisse est un peu en retard. A New York, on peut louer des locaux à des incubateurs, ce qui créé un écosystème de petites sociétés et un bouillonnement créatif. La Suisse a énormément d’atouts, mais n’a pas encore totalement pris la mesure de la révolution qui est en route dans le domaine des Fintechs. Il n’y a pas, contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni, ce bouillonnement de nouvelles entreprises qui vont définir la banque de demain. Mais ce retard n’est que temporaire.

Swissquote symbolise parfaitement la dématérialisation de la banque. Verra-t-on encore des banques physiques dans vingt ans ?
Je pense qu'il y aura toujours des banques, mais certainement pas des banques avec des guichets comme on les connait encore actuellement. Il y aura toujours un besoin de banquiers experts, mais la banque de détail ressemblera de plus en plus à un programme informatique. Je pense même que d'ici là, il n'y aura même plus d'argent physique. Tout semble démontrer que nous allons dans ce sens.

Propos recueillis par Arditë Shabani

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