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Sophia Genetics marie médecine et bio-informatique

Créée en 2011 sur le parc scientifique de l’EPFL par Jurgi Camblong, Pierre Hutter et Lars Steinmetz, Sophia Genetics est un fleuron de l’innovation suisse. La start-up lausannoise, qui a reçu le Président français François Hollande lors de sa récente visite officielle en Suisse, s’affirme comme le leader européen dans son domaine.

Le but de Sophia Genetics ? Contribuer à une médecine dite de précision. Comment ? En aidant à formuler le diagnostic le plus fin possible, sur la base d’informations cliniques générées à partir de l’ADN de patients. Les 90 hôpitaux qui ont adopté sa plateforme Sophia DDM™ produisent dans leurs laboratoires l’information génomique de leurs patients par séquençage ADN, puis soumettent ces données aux algorithmes de Sophia Genetics, qui leur donnent sens en décelant et caractérisant les altérations génomiques spécifiques à chacun des patients. La technologie de Sophia Genetics est aujourd’hui utilisée pour une trentaine de maladies du génome, qui vont des cancers déclarés aux prédispositions héréditaires, telles certaines maladies cardiaques ou pédiatriques. 

Fraîchement installée dans ses nouveaux locaux à St-Sulpice, et à peine quatre ans après sa création, la PME emploie aujourd'hui 60 personnes. D'après les prévisions, l'effectif devrait continuer d'augmenter, jusqu'à peut-être doubler d'ici un an. Le jeune patron de Sophia Genetics, Jurgi Camblong revient sur ce succès fulgurant et les défis qui attentent sa société.  
Sur quoi se concentrent les activités de Sophia Genetics ?

Sophia Genetics a su profiter des progrès réalisés ces dernières années dans le domaine du séquençage de l’ADN. La quantité d’information génomique à stocker, et surtout à analyser, croît de manière exponentielle. Ainsi, nous avons anticipé ce besoin dès la fondation en 2011 et développé une plateforme qui répond aux impératifs et exigences des hôpitaux. Les grandes entreprises du secteur reconnaissent aujourd’hui que Sophia DDM™ compte les algorithmes les plus sophistiqués, pertinents et précis dans le domaine; soit ceux qui offrent aux hôpitaux trois choses simples : 1) mettre en pratique de manière rapide de nouveaux types de tests génétiques pour le diagnostic de patients; 2) obtenir des résultats précis indépendamment des approches technologiques/matérielles choisies par les laboratoires; 3) diminuer le temps d’obtention des résultats. Tout cela pour agir plus vite et prendre les meilleures décisions médicales. En outre, la technologie de Sophia permet également de vérifier la pertinence d’un médicament pour un patient, selon sa condition. L'équipe compte désormais 60 employés pour plus de 20 nationalités - deux tiers d’entre eux titulaires d’un doctorat. Tous des experts en génomique, bio-informatique, algorithmique et protection des données. Des passionnés qui mettent leur énergie au service des patients. Sophia Genetics collabore actuellement avec plus de 180 experts dans une centaine d'hôpitaux et laboratoires de 17 pays en Europe. En 2015, l’entreprise aura aidé au diagnostic de 20’000 patients. Elle rassemble à l’heure actuelle, via sa plateforme Sophia DDM™, la plus grande communauté génomique au monde. Cette notion est particulièrement importante et puissante quand on pense que le savoir d’un expert à Paris peut faciliter le diagnostic d’un patient à Berlin. 

Quel était l'objectif de la société à sa création ?

L’objectif de l’entreprise a toujours été d’offrir des effets positifs sur la vie du plus grand nombre et d’aider au meilleur diagnostic et soin des patients. Grâce au séquençage ADN à haut débit et aux algorithmes de Sophia DDM™, fers de lance de la médecine connectée et personnalisée, dans cinq à dix ans le cancer sera une maladie maîtrisée. Nous espérons participer à cette révolution en bouleversant le monde du diagnostic, en misant sur le partage des savoirs.

Comment se passe la collaboration avec vos partenaires ?

Nos partenaires sont des hôpitaux et laboratoires qui souhaitent interpréter la masse de données générées par le séquençage ADN du génome de leurs patients, en vue de formuler un diagnostic. Notre collaboration est donc excellente puisque nous leur permettons de réduire, de neuf mois à cinq jours dans certains cas, le laps de temps entre la prise de l’échantillon et le résultat des tests génétiques. En outre, nos partenaires apprécient un service à la fois moins onéreux et plus performant que les solutions sur le marché.

Comment voyez-vous le futur ?

Nous pourrions passer dès 2016 à l’analyse d’échantillons pour 70’000 à 100’000 patients en Europe. Depuis sa création, Sophia Genetics a déjà mené trois levées de fonds, récoltant 18 millions de dollars, et l'entreprise n’exclut pas un prochain tour de table pour continuer à s’étendre sur de nouveaux marchés. Proposer les services de Sophia Genetics dans le cadre d’essais cliniques de médicaments pourrait également constituer une prochaine étape. Dans tous les cas, l’enjeu sera de continuer à faire grossir ce qui est aujourd’hui la plus large communauté génomique au monde.

Quels en seront les défis ?

Nous sommes en fait dans l'industrie à peine naissante de la médecine de précision. Et sur ce marché, il y aura un gagnant en Europe, et peut-être deux aux Etats-Unis. A mesure que la médecine de précision et connectée s’étend, l’industrie ne laissera de place qu’à l’acteur qui aura su imposer ses standards pour la mutualisation et l’analyse des données génomiques. Plusieurs barrières sont tombées ces dernières années, rendant chaque jour l’avènement d’une médecine personnalisée, prédictive, préventive et participative plus proche, qu’il s’agisse des coûts des tests génomiques ou de notre capacité à en analyser les données. Cependant, pour que les patients bénéficient au maximum de ces solutions, il faut que davantage de laboratoires et hôpitaux consentent à collaborer et partager les données génomiques de leurs patients afin d’analyser celles-ci plus rapidement et à moindre coût. C’est via le partage d’informations que s’étendra la base de connaissance des mutations génomiques. Le numérique est un outil formidable offrant d'innombrables manières de collaborer mais il faut que les différents acteurs fassent tomber les barrières qui empêchent le partage des données, le tout dans un respect de la confidentialité et de la protection des données. Il faudra également s’assurer que les efforts dans le domaine soient au bénéfice immédiat du patient et pas uniquement de la recherche.

Propos recueillis par Arditë Shabani

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