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"Notre esprit d'indépendance nous permet une stratégie à long terme"

L'horlogerie haut de gamme doit composer avec un ralentissement de la croissance et de nouvelles tendances de consommation. Olivier Audemars, membre du conseil d'administration d'Audemars Piguet, nous explique comment son entreprise aborde ces changements.

Comment s’est passée l’année 2014 et quelles sont les perspectives 2015 pour Audemars Piguet ? 

Olivier Audemars : L'année 2014 a été une bonne année pour Audemars Piguet si l'on considère les conditions turbulentes actuelles du marché. Les résultats de notre politique d'équilibre commercial entre les différents marchés portent leurs fruits et l'année 2015 va continuer dans cette veine.

La croissance de l'industrie horlogère helvétique s'est nettement ralentie depuis quelques mois. N'est-ce qu'un toussotement ponctuel ?

C'est difficile à dire, car il y a un nombre croissant d'inconnues ayant un impact non seulement sur l'industrie horlogère mais aussi sur l'économie au niveau global : les tensions visibles à l'Est de l'Europe, la situation actuelle en Chine, etc… Tout cela aura un impact sur la consommation des produits haut de gamme, mais notre production confidentielle nous donne l'avantage de continuer à croître malgré tout cela.

Audemars Piguet reste une manufacture indépendante. Un atout dans le contexte actuel ?

Certainement ! Notre esprit d'indépendance nous permet de privilégier une stratégie à long terme plutôt que de se focaliser sur les résultats à court terme. La décision de ne pas se concentrer seulement sur les marchés asiatiques mais de garder un certain équilibre à l'international en est un des principaux exemples.

On a beaucoup parlé de la montre numérique iWatch cet automne. Vous attendez-vous, comme certains le prévoient, à une révolution dans la branche ?

Ne connaissant pas l'offre "valorielle" des futures smartwatches nous ne pouvons pas encore anticiper comment elles seront reçues. Il faut attendre 3-5 ans avant de pouvoir vraiment se prononcer. 

La jeune génération, celle qui est née avec Internet, n'a plus forcément la même approche du luxe que les personnes nées avant les années 1990. Comment comptez-vous la séduire ?

En deux temps : d'abord cette nouvelle génération, qui évolue dans un monde interconnecté où tout va très vite, a besoin de se rattacher à des éléments au caractère intemporel faisant le lien entre le passé et le futur. Les montres mécaniques permettent de revisiter l'espace temps et représentent ce pont entre le passé et l'avenir.

Ensuite nous travaillons avec de grandes écoles qui nous aident à comprendre les facteurs de motivation de nos futurs clients. Nous réfléchissons aux meilleurs moyens d'utiliser les outils rattachés aux nouvelles technologies  afin de sensibiliser cette nouvelle génération à nos valeurs.

Comment voyez-vous Audemars Piguet en 2025 ?

Avant de parler de 2025, ce qui nous préoccupe à l'heure actuelle se joue à l'échelle nationale et pas seulement au niveau de la compagnie : le renfermement de la Suisse sur elle-même. La force d'une entreprise comme Audemars Piguet réside dans la combinaison des traditions séculaires perpétuées par les horlogers issus de familles combières, avec les nouvelles idées apportées par les personnes extérieures à la Suisse. Le renfermement du pays suite au 9 février représente un challenge pour une entreprise comme la nôtre et pour le modèle helvétique. Je reste cependant optimiste sur le fait que nous surmonterons ces difficultés et en 202, je vois Audemars Piguet comme une marque forte et indépendante permettant à ses artisans de se réaliser en fabriquant des objets exceptionnels qui seraient l'expression ultime des traditions séculaires qui se perpétuent pour assurer ce fameux lien ente le passé et le futur.

(Décembre 2014)

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