Rendre les réserves d'or de la BNS inaliénables tout en l'obligeant à disposer en permanence de 20 % de son bilan en métal jaune reviendrait à brider la politique monétaire. La crise de l'euro et du franc fort a pourtant démontré qu'il lui est indispensable de pouvoir agir de manière totalement indépendante.
Tous les exportateurs suisses se souviennent de l'été 2011 comme si c'était hier. Début août, l'euro tombait à 1 franc sur le marché des changes, alors qu'il valait encore 1,30 franc début mai. Et 1,65 franc en janvier 2008, juste avant que la crise financière n'éclate. Pour les clients étrangers, les produits suisses renchérissaient de jour en jour, à une vitesse hallucinante. En l'espace de trois mois, le renforcement du franc face à la devise européenne avait entraîné une hausse des prix de 25 %. Les marges des entreprises exportatrices s'effondraient. Les risques d'annulation de commandes s'amplifiaient.
Pour un pays comme la Suisse, qui gagne un franc sur deux à l'étranger, le spectre d'un plongeon dans une profonde récession prenait sérieusement corps… Branle-bas de combat ! Le 6 septembre 2011 à 10h00 précises, la Banque nationale suisse (BNS) publiait un communiqué de neuf lignes : elle fixait un cours plancher de l'euro à 1,20 franc. Pour bien faire passer le message, elle précisait vouloir agir "avec toute la détermination requise" et être "prête à acheter des devises en quantité illimitée".
Trois ans plus tard, ce cours tient toujours. La Suisse a pu traverser les turbulences financières internationales - d'une violence jamais vue depuis la crise de 1929 - sans casse, grâce à la large marge de manœuvre dont dispose l'institut d'émission. La BNS a pris les commandes de l'opération à la satisfaction de tous.
Le peuple suisse est amené à se prononcer sur la marge de manœuvre dont dispose la BNS le 30 novembre prochain. L'initiative UDC intitulée "Sauvez l'or de la BNS" vise à inscrire trois nouvelles obligations dans la Constitution (art. 99a nouveau) :
(Pour LeJournal CVCI n° 54 - octobre 2014)
- Les réserves d’or de la Banque nationale suisse sont inaliénables. (al.1)
- Elles doivent être stockées en Suisse. (al.2)
- La Banque nationale suisse doit détenir une part importante de ses actifs en or. La part de l’or ne doit pas être inférieure à 20 %. (al.3).
(Pour LeJournal CVCI n° 54 - octobre 2014)
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L'initiative sur l'or de la BNS mettrait notre économie en danger
Écrit par
Equipe CVCI
Publié le : 23 octobre 2014
Modifié le : 25 juin 2026