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Sélection des apprentis en PME et pratiques discriminatoires (II)

L’invité de l'Agefi, vendredi 30 mars 2007

Le développement de la personnalité des jeunes au moment de l’attribution de places d’apprentissage est, en effet, difficilement prévisible. De plus, les conséquences d’un «mauvais» choix sont proportionnellement beaucoup plus importantes que dans une grande structure. Les préoccupations exprimées par les patrons de PME interrogés dans l’enquête sont liées en priorité aux déficits scolaire et linguistique présumés, à tort ou à raison, des jeunes étrangers. Les justifications liées à l’entreprise (comme une difficulté d’intégration dans l’équipe) ne sont évoquées que dans un deuxième temps. L’étude indique toutefois que les performances scolaires ne jouent, de manière générale, qu’un rôle secondaire lors de la sélection. Elles servent à évaluer si le candidat sera capable de faire face aux exigences de l’école professionnelle. Ce qui joue un rôle plus important dans le choix d’un candidat reste que celui-ci corresponde aux exigences de l’entreprise. Dans ce cadre, l’anticipation de problèmes réels ou supposés que l’engagement d’un candidat étranger pourrait créer dans l’entreprise, amène malheureusement certaines PME à exclure les jeunes étrangers, quelles que soient leurs compétences.

Face à cette problématique indéniable, un certain nombre de réponses doivent être apportées au niveau de la scolarité obligatoire. La diabolisation actuelle des jeunes étrangers orchestrées par certains partis et relayée par la presse de notre pays est évidemment préjudiciable dans ce contexte. Il est cependant indéniable qu’une prise de conscience soit également nécessaire au sein des entreprises. Une des solutions consiste donc dans l’information et la formation des maîtres d’apprentissage. En effet, ces derniers n’ont pas toujours le temps ou l’occasion de livrer une réflexion sur leurs propres pratiques de sélection. Il s’agit ici également de mettre en avant des «contre-exemples» positifs d’apprentissages réussis par de jeunes étrangers, extrêmement nombreux en pratique, mais dont on ne parle peu ou pas notamment dans les médias. Pour la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, il est important d’éviter des mesures contraignantes comme l’instauration de quotas de places pour les étrangers ou l’utilisation impérative de CV anonymes. Ces solutions sont inapplicables en pratique, en particulier dans les PME, puisqu’elles engendrent des complications administratives très importantes sans garantir un réel résultat en termes de non-discrimination. Plus grave, elles auraient inévitablement un effet négatif important sur le nombre d’entreprises formatrices et donc sur le nombre de places d’apprentissage. Cela, alors que, précisément, les partenaires de la formation professionnelle (économie et Etat) mettent actuellement tout en œuvre pour augmenter le nombre de places d’apprentissage à disposition de manière à répondre à l’augmentation du nombre de jeunes sortant de l’école obligatoire. 

*La première partie de cet article a été publiée dans ces mêmes colonnes le 29 mars.

Julien Guex, Sous-directeur CVCI

 

 

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