| Accueil > La CVCI > Presse > Revue de presse > 2007 > Vaud: constante augmentation des places d’apprentissage |
L’invité de l'Agefi, vendredi 12 octobre 2007
Depuis plusieurs années, la situation sur le marché des places d’apprentissage est tendue et de nombreux jeunes ne trouvent pas de places à la fin de la scolarité obligatoire. Chaque été, ce problème, réel, devient un sujet d’actualité médiatique et politique. Dans ce contexte, on peut souvent lire que les entreprises ne joueraient pas ou plus le jeu en formant moins d’apprentis.
Qu’en est-il en réalité? A la fin août 2007, de nombreux cantons ont, une nouvelle fois, confirmé une augmentation du nombre des places d’apprentissage attribuées par rapport à l’année passée. Cette augmentation varie de 1 à 14% selon les cantons. En comparaison, le nombre de jeunes en fin de scolarité a augmenté de 3%. La situation sur le marché des places d’apprentissage demeure malgré tout relativement tendue. Dans le canton de Vaud, la situation, certes contrastée, a tendance à s’améliorer. Rappelons qu’entre le milieu des années huitante et la fin des années nonante le nombre de places d’apprentissage a subi une baisse constante. Des modifications structurelles de l’économie vaudoise (développement du tertiaire au détriment de l’industrie qui formait traditionnellement plus d’apprentis), combinées à des effets conjoncturels, l’expliquent. La quantité d’entreprises formatrices s’est aussi réduite. Cependant, depuis la fin de la précédente décennie, le nombre de contrats signés a augmenté pratiquement sans discontinuer. Dépassant même les 25% lors des cinq dernières années. Et celui-ci devrait dépasser, cette année dans notre canton, le niveau record atteint au milieu des années 80. De fait, le nombre d’apprentis en formation n’y a jamais été aussi élevé qu’actuellement.
On pourrait donc penser que la situation n’est pas (ou plus) problématique. Hélas, il faut admettre que ce n’est pas (encore) le cas. D’une part, l’augmentation sensible des places d’apprentissages n’a pas permis de compenser totalement les effets de la démographie (en progression constante depuis 20 ans du nombre de jeunes sortant de l’école obligatoire). D’autre part, le pourcentage d’entreprises formatrices demeure largement inférieur à ce qu’il était dans les années 80. L’«effort» de formation se concentre donc sur un nombre restreint d’entreprises.
Quelles sont les perspectives et les enjeux de ces prochaines années? Les différents scénarios pour les dix années à venir prévoient une stabilité puis une légère baisse des effectifs sortant de l’école obligatoire. Quantitativement, l’offre de places d’apprentissage devrait donc correspondre à la demande des jeunes. Le défi pour l’avenir est de faire correspondre autant que possible l’offre et la demande sur un plan qualitatif. D’une part, pour permettre aux jeunes ayant des difficultés sociales ou scolaires d’avoir un bagage suffisant pour pouvoir prétendre à une place d’apprentissage. D’autre part, pour que la formation professionnelle (re)devienne suffisamment attractive de sorte à ce que les employeurs puissent recruter des candidats pour les formations les plus exigeantes. Il s’agit, néanmoins, de garder à l’esprit que l’économie ne peut pas avoir pour fonction d’assurer à chaque fille ou garçon sortant de l’école obligatoire une place d’apprentissage dans le métier de son choix.
Julien Guex, Sous-directeur CVCI