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Aides sociales cantonales: Vaud peut faire beaucoup mieux

Agefi, mardi 23 janvier 2007

Le canton compte plutôt parmi les généreux, mais l’efficience de ses prestations peut être améliorée à la lumière de sa dette.

L’assainissement des finances publiques requérant toute sa priorité, ce n’est que hier que le Conseil d’Etat vaudois a rendu public une analyse entre cantons portant sur l’aide sociale et plus spécifiquement sur l’efficience des centres sociaux régionaux (CSR). Développer l’usage d’outils permettant à la fois de vérifier l’efficacité de l’activité de l’Etat et la gestion comparative des performances figurait pourtant dans son programme de législature. La demande des associations économiques, pleinement associées à la méthodologie d’analyse comparative menée avec le concours de l’institut des hautes études en administration publique (IDHEAP), était depuis longtemps sur la table des autorités exécutives!

Ce «benchmarking» n’a certes pas «pour objet de se prononcer sur l’efficacité des politiques cantonales d’insertion», a déclaré en conférence de presse le grand argentier Pascal Broulis, prudent quant aux interprétations à donner sur des résultats qui rangent, selon le responsable de la santé publique Pierre-Yves Maillard, Vaud juste au bon milieu des huit cantons analysés dont les Romands. Ne froisser personne prévaut

«Les cantons se sont mis à nus, on ne dira pas publiquement leur résultat», prévient Nils Soguel, professeur à l’IDHEAP. Le souci de ne froisser personne prévalant sur toute autre considération, le classement passé à la loupe reste donc anonyme, même si l’enquête révèle une forte hétérogénéité des pratiques financières. «Les écarts sont de plus de 50% dans certains cas», note-t-il. Le seuil d’entrée dans l’aide sociale varie ainsi grandement. D’une manière générale, on observe que les Vaudois comptent parmi les plus généreux. Dans le cas des bénéficiaires qui n’exercent aucune activité d’intégration, les prestations cantonales se situent au dessus de la moyenne des autres pour les ménages jusqu’à 3 personnes, soit 7 cas sur 10! Elles sont en comparaison peu incitatives pour ceux qui, au contraire, consentent à une activité d’intégration. Critique, l’IDHEAP observe que l’efficience technique des huit cantons sous la loupe se monte à 70%, alors que certains enregistrent le degré maximum de 100%. Une amélioration est possible si on réfléchit davantage au processus. Sur un plan vaudois, la qualité grimpe à 85,6%, ce qui représente tout de même un écart de 14,4% avec une gestion proche de l’idéal. «Vaud est un canton trop grand: cela coûte en efficacité», observe Nils Soguel. L’efficience se voit donc hypothéquée par un découpage territorial où 1 CSR sur les 11 au total aurait avantage à réduire sa taille pour une utilisation optimale de ses ressources. Directrice de la Chambre vaudoise de commerce et d’industrie (CVCI), Claudine Amstein indique à «L’Agefi» que le potentiel d’économies ici se chiffre à plusieurs millions. En conclusion, si Pierre-Yves Maillard salue des résultats qui témoignent à ses yeux du suivi des efforts vaudois, les milieux économiques paraissent bien plus réservés. «Cette méthode pousse à l’excellence et à la remise en question des moyens de l’Etat, surtout que la dette reste préoccupante», fait remarquer Claudine Amstein.

Jeunes en difficulté: chiffres inquiétants

Significatif des problèmes sociaux rencontrés par le Canton, le nombre des bénéficiaires du revenu d’insertion (RI) n’a hélas pas diminué, a admis la conseillère d’Etat Jacqueline Maurer hier, à la suite de l’analyse comparative intercantonale sur l’aide sociale. Dressant un premier bilan depuis son entrée en vigueur l’an passé, la responsable de l’économie vaudoise a rappelé que plus de 20.000 personnes touchent l’aide sociale, soit 3% de la population pour un budget d’environ 200 millions. Cette enveloppe qui représente le 3% du budget est affectée pour un tiers en direction des jeunes, 14% d’entre eux étant des adultes en difficulté. Les adolescents de moins de 18 ans représentent à eux seuls une catégorie surreprésentée de 33%.

1800 jeunes, dont 70% sans formation étant répertorié, un important programme de formation a été mis en place. Il a permis de créer 114 places d’apprentissage. Ce n’est pas suffisant pour Jacqueline Maurer: «Les entreprises doivent maintenant nous soutenir davantage.» Près de 3.000 bénéficiaires du RI sont inscrits auprès d’un Office régional de placement (ORP). Dans cet inventaire préoccupant, compte tenu du taux de chômage en baisse, on notera que le dispositif d’investigation mis sur pied commence à déployer ses effets: en 2006, les prestations indues détectées ont conduit à des remboursements pour une somme de 1.100.000 francs. La proportion du nombre de cas découverts a fortement augmenté ces deux dernières années, en raison de l’amélioration du dispositif de détection formé de 7 enquêteurs.

Agefi, edgar bloch à lausanne

 

 

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