L’invité de l'Agefi, mardi 14 novembre 2006
Depuis le début des années 90, la Suisse s’engage pour soutenir les anciens pays communistes dans leur transition vers la démocratie et l’économie sociale de marché, et ce à raison de 230 millions par an. Ces engagements n’ont guère suscité de controverse politique à l’époque.
Si les dix nouveaux Etats membres de l’UE se sont transformés avec succès depuis la fin de la Guerre froide, ils accusent encore un retard considérable dans d’importants secteurs économiques et sociaux. Le Conseil fédéral et le Parlement jugent que la Suisse doit continuer à apporter son soutien et poursuivre sa tradition de solidarité vis-à-vis des pays de l’Est. Le 26 novembre prochain, le peuple suisse votera sur cet objet aux retombées cruciales.
La contribution de la Suisse est destinée exclusivement aux dix nouveaux Etats membres de l’UE et se monte au total à un milliard de francs sur une période d’engagement de dix ans, soit 100 millions de francs par année. En comparaison, ce montant est nettement moins élevé que le montant que seront tenus de verser les employeurs si la nouvelle loi sur les allocations familiales est acceptée à la fin du mois, à savoir 450 millions de francs par an!
Les projets choisis par la Suisse – en étroite collaboration avec les pays bénéficiaires – contribueront au développement de l’économie privée en Europe de l’Est et créeront de nouveaux débouchés pour nos produits. Les appels d’offres publiques seront notamment accessibles aux entreprises suisses et permettront de décrocher de nouveaux mandats. Nos entreprises en tireront de larges profits. Inutile dès lors de mettre une pression plus grande sur nos entreprises qui pourraient rencontrer des difficultés supplémentaires en cas de «non», telles que de nouveaux seuils, des délais, des règles administratives supplémentaires, mais aussi des obstacles dans le domaine du transport de marchandises et des licences.
Le financement de cette contribution a fait l’objet d’un large consensus: aucune charge supplémentaire pour le contribuable suisse et aucune incidence sur le budget de la Confédération. Les opposants arguent que le mode de financement est un blanc-seing accordé au Conseil fédéral. Au fond, le problème n’est pas là: ce refus reflète bel et bien une opposition à la politique européenne, à la voie bilatérale que le peuple suisse a pourtant choisie et confirmée à plusieurs reprises! La Suisse doit rester un partenaire fiable et la parole donnée le 12 mai 2004 doit être respectée. Nos accords bilatéraux nous ont permis de bénéficier de la plupart des avantages, en évitant l’adhésion à l’UE. La voie bilatérale contribue à la stabilité et à la prospérité de notre pays. Notre balance commerciale avec les pays de l’Est est déjà positive de 1,4 milliard de francs par année. Pour continuer à accéder facilement à ce marché de 75 millions de consommateurs et gagner des alliés au sein de l’UE, il y a un prix à payer et c’est celui que nous devons fermement soutenir en votant «oui» à la coopération avec l’Est.
Norma Streit-Luzio, Sous-directrice CVCI