Chambre Vaudoise du Commerce et de l'Industrie
Analyser, créer, développer, communiquer
Contact
Accueil > La CVCI > Presse > Revue de presse > 2003 > Le vrai enjeu
Plan de site

Le vrai enjeu: développer les énergies renouvelabes

L’invité du 24heures mercredi 9 avril 2003

Au soir du dimanche 18 mai 2003, les médias électroniques se feront l'écho des résultats de votations historiques. Historiques, parce que dix thèmes auront été soumis à la réflexion des citoyens! Historique aussi, car la portée de décisions du souverain est grande pour la plupart des domaines concernés.

Deux initiatives seront en particulier soumises au verdict des urnes, qui toutes deux visent le même but: fermer les centrales nucléaires existantes en Suisse. Ces deux initiatives sont une nouvelle version des pressions anti-nucléaires qui s'exercent depuis des lustres. Il faut ainsi se rappeler 1990, année du refus par 52,9 % du peuple suisse de l'initiative intitulée "Pour un abandon progressif de l'énergie atomique". Dans le même temps, 54,5 % des citoyennes et des citoyens acceptaient une autre initiative ("Halte à la construction de centrales nucléaires") qui établissait à 10 ans un moratoire à la construction de nouvelles centrales.

Et bien les initiants ont "remis ça": la première des deux initiatives qui nous est soumise ce printemps propose de "Sortir du nucléaire". Une acceptation le 18 mai aboutirait à la fermeture accélérée de toutes les centrales nucléaires existantes sur sol helvétique: Parlons faits: Mühleberg et Beznau fermeraient en 2005, Gösgen en 2008 et Leibstadt en 2014. Donc, d'ici une douzaine d'années, nous devrions abandonner près de 40% de notre capacité de production d'électricité... ou priver de courant trois millions d'entre nous! Le réalisme s'impose: il est à l'évidence impensable qu'en 12 ans nous réduisions de 40% notre consommation. Donc nous devrions faire à l'étranger des achats massifs de substitution, qui à l'évidence pèseraient lourdement sur notre balance commerciale. En outre, ne pouvant plus acheter de courant d'origine nucléaire (c'est une exigence supplémentaire des initiants), nous devrions nous assurer que l'énergie achetée serait d'origine fossile (gaz, fioul). Rien moins…

Pour respecter le parallélisme avec 1990, les milieux anti-nucléaires nous proposent à nouveau une alternative: démantèlement progressif (voir ci-dessus) ou moratoire! Car l'autre initiative que le 18 mai il faudra examiner limiterait à 40 ans au total la durée d'exploitation des centrales; une prolongation de vie de chaque centrale serait possible de dix ans en dix ans moyennant, en fin de chaque période, une votation populaire. Sauf une telle prorogation, Beznau devrait fermer d'ici 2011, Mühleberg d'ici 2012, Gösgen d'ici 2019 et Leibstadt d'ici 2024. Conséquence: accepter cette initiative signifierait la perte d'une capacité de production d'électricité essentielle, qui couvre aujourd'hui les besoins de près d'un Suisse sur deux. Oui, c'est là très simplement la mesure de l'enjeu de la décision des citoyennes et des citoyens.

Il n'est pas imaginable de fermer des installations qui respectent parfaitement toutes les conditions de sécurité draconiennes élaborées par le législateur suisse, de les fermer sans disposer de sources d'énergie susceptibles de prendre le relais. Et c'est là que les initiants font œuvre absurde: supprimer en l'état , et sans autre forme de procès, tout un pan de notre approvisionnement relève de la pirouette et non pas d'une gestion responsable de la chose publique. Car si l'intérêt public impose de poursuivre l'exploitation de ces sources d'approvisionnement essentielles, c'est pour pouvoir accélérer la transition vers de nouvelles sources d'énergie. Il serait aussi irresponsable de jeter le nucléaire que de renoncer à développer de nouvelles énergies, dont les progrès sont, depuis 10 ans, marquants mais insuffisants encore pour offrir une vraie alternative. Force est d'admettre aussi que la volonté des milieux politiques de développer ces nouvelles énergies brille par sa mollesse: le Conseil fédéral n'a-t-il pas, en janvier 2003, réduit de 60 à 12 millions les subventions aux nouvelles énergies ? Il importe donc à la fois de refuser les deux initiatives et de faire usage de toutes les voies démocratiques pour pousser les partis politiques à inscrire à leurs programmes la promotion accélérée des énergies renouvelables. Les élections fédérales de l'automne prochain offrent une occasion à ne pas manquer.

Jean-Luc Strohm, Directeur CVCI


 

Business Club de la CVCI
International Link - For international businesses and expats
Sites partenaires
Association vaudoise pour la promotion des innovations et des technologies
Fondation pour l'innovation technologique
Commission Conjoncture vaudoise
Business2school - Mise en relation entreprises / étudiants
La promotion de l'apprentissage
Ok
Ok  Powered by Swissfirms