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L’invité de l'Agefi, lundi 13 mars 2000
Il y a quelques semaines, la presse faisait état de la «réconciliation» de notre ministre de l’Economie et de son homologue des Affaires étrangères sur le thème des accompagnants de leurs visites à l’étranger. Cette nouvelle a occulté un autre pan de l’activité diplomatique où ces visites ont un rôle certain à jouer: c’est lors de cette même séance que le Conseil fédéral a pris connaissance et accepté le nouveau projet de loi sur la promotion des exportations présenté par le Département de l’économie. Ce projet est le fruit d’une longue réflexion menée par le Secrétariat d’Etat à l’Economie (Seco) en collaboration avec les principaux acteurs concernés de ce domaine et il fait suite à un premier projet soumis à consultation en 1997 et qui, alors, avait été passablement chahuté. Il met l’accent sur un certain nombre d’idées fortes que sont l’efficacité, la subsidiarité et la coopération. En claire, le Conseil fédéral entend concentrer ses activités de promotion en la matière sur des tâches essentielles (qui ont été définies comme étant la fourniture aux entreprises suisses d’informations, de conseils et de marketing à l’étranger). Pour ce faire, il déléguera la promotion opérationnelle des exportations à un tiers qui devra favoriser les partenariats et la coopération entre les différents acteurs du commerce extérieur suisse (aussi bien dans le pays, qu’à l’étranger), afin d’utiliser au mieux les synergies existantes ou encore à développer. Dans ce contexte, les chambres de commerce suisses ont estimé qu’elles pouvaient avoir un rôle à jouer dans ce nouveau dispositif. Ce constat ressort de leur engagement sans relâche sur cette question, plus particulièrement depuis la première consultation, avec notamment la participation au groupe de travail chargé d’élaborer le nouveau concept de promotion des exportations et les très nombreux contacts entretenus avec l’Office suisse d’expansion commerciale (OSEC), l’actuel promoteur des exportations suisses. Cette volonté de collaboration résulte des nombreux avantages et points forts qui les caractérisent et qui cadrent parfaitement avec les visions du seco sur la création d’un réseau de promotion. Ces points forts peuvent être synthétisés en trois mots à savoir proximité, efficacité, interactivité. La proximité: elle est incontestable lorsque l’on sait qu’environ 50% à 60% des entreprises membres des Chambres de commerce sont actifs dans le domaine de l’export et que leurs membres sont majoritairement des PME. De plus, ayant reçu certaines tâches par délégation de la Confédération (dans le domaine de l’attestation et de la détermination l’origine des marchandises notamment), elles sont des passages quasi obligés des entreprises désireuses de se présenter sur les marchés étrangers. Dès lors, elles sont sur le terrain, à l’écoute et au service des entreprises, et ceci sur l’ensemble du territoire. L’efficacité: de part leurs structures d’associations de droit privé non subventionnées, les chambres de commerce ne se financent que par le biais des cotisations de leurs membres et par la vente de services. Elles sont donc tenues par leurs engagements vis-à-vis de leurs clients à garantir une qualité irréprochable de leurs prestations. L’interactivité: elles sont très attentives à leur rôle de plate-forme de contact et de lieu d’échange à disposition de leurs entreprises membres. Elles mettent donc un accent particulier sur leurs prestations allant dans ce sens, comme l’organisation de séminaires, de rencontres entre membres ou la mise en place de groupes d’intérêts. Dans un cadre plus concret, et en corollaire de leur proximité régionale, un certain nombre de chambres de commerce frontalières entretiennent des relations étroites avec les pays voisins, offrant, par ce biais, des ouvertures de marché transfrontalières aux entreprises de leur région. Les Chambres de commerce constituent donc, dans leurs cantons respectifs, un pilier central pour la réalité quotidienne de la promotion du commerce extérieur. Malgré cela, elles sont restées jusqu’ici largement ignorées dans le dispositif fédéral actuel de promotion du commerce extérieur. C’est dans l’optique de remédier à cette situation et de mettre leurs atouts à la disposition du futur réseau suisse de promotion des exportations que les chambres de commerce suisses ont déposé une offre de collaboration dans les mains du Secrétaire d’Etat à l’Economie, en attendant que le promoteur chargé de coordonner et d’animer ce dispositif ait été désigné.
Régis Joly, Sous-directeur CVCI