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Bilatérales: une campagne forte pour amener les «euro-convaincus» à voter

L’invité de l'Agefi, vendredi 4 février 2000

Lorsqu’en 1986, l’entrée de l’Espagne dans ce qui allait devenir l’Union européenne d’aujourd’hui était à l’ordre du jour, on avait assisté, en Allemagne, à une forte levée de bouclier des milieux médicaux. Les médecins allemands craignaient fortement un afflux de concurrents, venant de la péninsule ibérique pour leurs «voler» leur clientèle comparativement plus aisée. En fait, avec du recul et selon des statistiques espagnoles, on a vécu le phénomène inverse: En effet, un certain nombre de médecins allemands ayant une clientèle vieillissante, ont profité que celle-ci aille s’établir au soleil pour fermer boutique et la suivre. Aujourd’hui, sans pour autant pouvoir parler d’afflux massif, on assiste toutefois à une «germanisation» de la médecine espagnole dans certaines régions, essentiellement touristiques. Ce petit retour en arrière, est à mettre en parallèle de l’annonce faite récemment que le référendum sur les accords bilatéraux avait abouti et qu’il avait été fermement soutenu par des corps de métiers tels les médecins, les vétérinaires et les dentistes, entre autres. Il semble là que l’Histoire se répète et se ressemble… Cette annonce peut surprendre l’observateur pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que, dans un premier temps, l’aboutissement du référendum ne paraissait pas encore acquis au début du mois de janvier, tant la récolte des signatures semblait avoir quelques difficultés à se concrétiser à un mois de l’échéance (environ 30.000 signatures avaient été enregistrées sur les 50.000 nécessaires à son aboutissement). Ensuite, parce que, jusqu’au dernier moment, rares étaient ceux qui, en dehors des membres et des partisans de la Lega dei Ticinesi et des Démocrates suisses, affichaient ouvertement leur rejet des accords. Il semblait que l’adoption des mesures internes d’accompagnement, compromis âprement négociés s’il en est, avait quelque peu calmé les craintes nées de la conclusion des accords et permettait d’envisager leur avenir sans trop de nuages. Et bien il devait être écrit quelque part que le souverain suisse voterait le 21 mai 2000! Certains verront dans cette consultation un ultime moyen offert à nos concitoyens de montrer leur très large acceptation du processus d’intégration européenne engagé suite au refus de l’Espace Economique Européen de 1992. A l’inverse et sans vouloir paraître pessimiste, ni peindre le diable sur la muraille, ce résultat tend à montrer que cette votation risque de ne pas être aussi facile que les pro-européens aient pu l’espérer. Dans ce contexte, sous la conduite de la SDES (société pour le développement de l’économie suisse), la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, en collaboration avec d’autres organisations économiques, comme la Fédération patronale vaudoise, a conduit, dès l’automne 1999, une pré-campagne en faveur desdits accords bilatéraux, dans un but principalement informatif. La CVCI y a participé activement, notamment en prenant part aux groupes de travail mis sur pied à cette occasion. Ces groupes de travail ont entre autre constitué un comité économique regroupant des personnalités, afin de faire connaître le soutien de notre économie à ces accords bilatéraux. Si la Chambre de commerce participe aussi activement à la campagne politique proprement dite qui entoure la votation populaire du 21 mai prochain, c’est parce qu’elle est convaincue que les accords bilatéraux sont indispensables à l’économie suisse et à l’avenir de notre pays au sein de l’Europe. A ce titre, rappelons, pour mettre en évidence l’importance du rendez-vous du mois de mai, que les accords bilatéraux ont été signés dans sept domaines, qu’ils forment, dès lors, un ensemble lié et ne peuvent entrer en vigueur qu’en bloc. De même, ils contiennent une clause de parallélisme absolu: si l’un des accords devait, par la suite, être mis en péril, les six autres seraient, de fait, automatiquement rejetés. Dans cette optique, l’enjeu est clair: il va falloir mener une campagne forte qui visera à encourager les «euro-convaincus» à se rendre dans l’isoloir ce printemps. Sinon, il y a un risque, certes limité si on en croit les sondages, que, une fois n’est pas coutume dans ce canton, seuls les isolationnistes se déplacent, mais laissons à d’autres ce genre de spéculations…

Régis Joly, Sous-directeur CVCI

 

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